La voie verte à Dole

Promesse tenue ou… en très bonne voie !

Après l’instauration, depuis quelques années, du quartier piétonnier au centre de la superbe vieille ville, après l’aménagement du Parc aquatique Isis et la construction de la vaste piscine inaugurée prochainement, entre musée et salle de conférence, voici l’accomplissement très avancé du projet de voie promenade semi-circulaire pour piétons et vélocipédistes, au sud de la ville, d’une gare à l’autre ou presque, la SNCF ne permettant pas de prolonger la voie au-delà de la route de Besançon à Dole. Plus de 18 km, comme l’annonce le panneau.

Départ de la promenade route de Besançon

Pour la petite histoire

Aux temps du Président Grévy, une ligne ferroviaire avait été créée entre la gare de Dole et celle de Mont-sous-Vaudrey, où le chef de l’état, pouvait accéder en ligne directe depuis Paris à sa propriété familiale, avec seulement changement de locomotive en gare de Dole. Cette ligne créée à son initiative, à partir de 1880, déclarée d’utilité publique et inaugurée en 1884, comportait plusieurs arrêts en gares de Parcey, Souvans, et au-delà de Mont-Sous-Vaudrey, à Aumont. « La Voix du Jura », en février 2005, rappelait que, chaque voyage présidentiel s’effectuait sous haute surveillance, à l’heure, traversant des gares bien entretenue desservies par des agents en tenue décente. Mais le trafic déclina et en raison de son manque de rentabilité, le transport des personnes fut supprimé en 1938, et celui des marchandises dans les années soixante. Jusqu’à l’année 2005, on trouve encore des comités de soutien contre l’abandon du trafic fret pour les usines environnantes et proposant d’y adjoindre le transport scolaire. Ce fut peine perdue. Le passage du chemin de fer abandonné, n’attirait plus que des promeneurs aventureux, au milieu des ronces ; la vue sur le Doubs et sur la ville méritait cependant que l’on s’y intéresse. Il y eut donc projet d’un aménagement plus sécurisé et aujourd’hui sa réalisation très avancée comme nous le verrons.

Entre Dole et Bans

Le « ruban » de 2,5 m de large, s’étend sur 18,4 km entre Dole et Bans, à partir de l’avenue Eisenhower, s’ouvrant aussi bien aux usagers de vélos qu’à ceux de rollers ou de trottinettes. Des rampes en facilitent l’accès en plusieurs points, notamment de part et d’autre du canal du Rhône au Rhin. Reste à sécuriser les ponts sur le Doubs et sur le canal, que l’on pourrait emprunter à pied, mais qui ont dû être temporairement interdits, car trop dangereux en l’état actuel pour les quad et deux roues, ce qui oblige encore le promeneur à morceler son parcours.

Un parcours plein de charme

Lorsque l’on descend de la vieille ville vers le sud, on peut emprunter le pont sur le Doubs, aller jusqu’à la Commanderie et prendre soit à droite vers Parcey, soit à gauche vers Azans.

Vers Mont-sous-Vaudrey                                     Vers la route de Besançon

C’est cette direction par Azans et l’ancienne abbaye Sainte Croix que nous avons choisie en premier. Pour y accéder, nous aurions pu aussi descendre en droite ligne du centre-ville, par le canal des tanneurs et son pont fleuri, emprunter l’allée du « Doubs rêveur »,

La collégiale et le pont des tanneurs                   L’allée du « Doubs rêveur »

et par la « passerelle des poètes », contournant le Moulin des Ecorces,

La passerelle des poètes               l’ancienne arche romane                Le Moulin des Ecorces
sur le Doubs                                                                                         et l’arche rénovée

 

longer les restes de l’abbaye de Sainte Croix, passer entre celle-ci et l’entrée de l’ancien château d’Azans

Reste des bâtiments de Sainte Croix                                                       Entrée du Château d’Azans

Nous voici sur l’ancien emplacement des rails,

, avec vue imprenable sur le Doubs, sur la ville à gauche, et sur le château à droite.

La collégiale vue du pont                                       Le château d’Azans de l’autre côté du Doubs

Jusqu’à présent, on ne pouvait guère aller plus loin, les ronces devenant infranchissables et les talus problématiques. Mais, surprise : des raccordements ont été aménagés et la voie est devenue accessible en maints endroits, notamment au niveau du terrain de camping et du canal, même par de jeunes enfants, qui continuent d’ailleurs à vouloir grimper, comme on le voit ci-dessous à droite,

L’un des talus primitifs au bord du canal               Une des nouvelles rampes d’accès

et une superbe voie encaissée, mais verdoyante s’ouvre devant nous, avec pour décorations supplémentaires (en février) quelques langues de glace abandonnées la veille par une courte gelée.

Et l’on arrive ainsi à la route de Besançon, dans l’axe de la gare de Dole, ayant accompli le contour sud de la ville, avec l’espoir déjà envisagé d’une voie complémentaire par la rive gauche du Doubs vers le Parc aquatique.
Cela a coûté cher soupirent certains, mais cela ne valait-il pas la peine…

A la Commanderie, comme on l’a dit, nous aurions pu opter pour l’autre direction, à droite, vers Mont-sous-Vaudrey. De ce côté, les travaux avancent rapidement jusqu’aux gares de la Bédugue, Villette les Dole, Parcey, avec leurs voies de raccordement. Toutes ces gares, si je ne me trompe, en tout cas presque toutes, sont aujourd’hui propriétés de particuliers.

La gare de la Bédugue côté ville    et côté rails                     Le vieux café de la gare en témoigne

La gare de Villette les Dole        et côté voies ferrées                 Accès au pont du chemin de fer

A partir de Parcey, restent quelques rails à enlever, mais le sol est débroussaillé.

Le passage à niveau et la maison du garde barrière de Parcey

A Souvans, l’accès est plus compliqué pour les visiteurs : l’entrepreneur qui avait racheté toute les terres alentour de l’usine au bord de la voie ferrée, a dû fermer ses portes l’année dernière et vendu terres et ancienne gare à des particuliers. (Certains disent que certains espaces pourraient être reconditionnés vers une nouvelle activité ?) Pour la gare, les nouveaux propriétaires, peu conscients ou inquiets de la venue « à grande vitesse » de la voie verte et de ses futurs promeneurs, s’opposent à la traversée de leur propriété, côté ville, d’où notre difficulté à prendre des photos de l’état actuel des travaux, de l’autre côté de la gare. On ne peut leur en vouloir car ils sont, paraît-il, constamment envahis par des curieux. Il nous faudra donc faire le tour à distance, par les champs…

Ancienne gare de Souvans côté ville

Côté voie ferrée (carte postale, avant 1938) – Souvans sur la ligne Jules Grevy © Le Progrès

Enlèvement des rails et gare de Souvans côté voie ferrée

Dernière étape,

C’est le terminus à l’ensemble commercial de Bans, où promeneurs et cyclistes pourront se rafraîchir, peu avant l’ancienne gare de Mont-sous-Vaudrey, désormais apparemment propriété de forains.

Gare de Mont-sous-Vaudrey, côté ville

 

Gare de Mont-sous-Vaudrey, côté voie ferrée (ancienne carte postale)

Pour les curieux, un coup d’œil sur l’ancienne propriété de la famille Grévy dite « château-Gaillard », actuellement occupée par différents services sociaux et commerciaux.

Ancienne propriété Château-Gaillard, bâtiments et jardin

Comme on le voit, le parcours est prêt – il reste à « couler le béton » et agrémenter parfois les abords, mais la nature ne demande qu’à reprendre sa place ; il suffira de la discipliner pour que cette promenade de 18 km voulue par le Grand Dole, dessine un arc verdoyant au sud de la ville et la relie sans bruit ni vapeur d’essence à ce qu’on pourrait considérer comme ses proches faubourgs.

Geneviève Pérès-Labourdette

3 Réponses pour La voie verte à Dole

  1. Michelle BUGNON

    Merci à Geneviève pour sa présentation « très pratique » de la Voie Verte « Dole/M’/s-Vaudrey.-Photo du milieu haut page 3, on peut voir sur le pignon de la maison le rond de « la rosace de pierre », que les propriétaires actuels ont eu l’intelligence de réintégrer. Au Moyen-âge, s’y trouvait l’un des 3 établissements hospitaliers de Dole. Mis hors la ville « comme il sied », cet hospice dépendait du Saint-Esprit de Besançon et avait pour vocation d’accueillir, de nourrir et d’apporter des soins aux indigents, malades, femmes en couches et pèlerins. Ce St esprit a été fortement endommagé lors du siège de Dole 1479, il a été restauré avec l’aide de Marguerite d’Autriche et autres princes. C’est probablement vers 1515 et après qu’a été élaborée cette rose de pierre de style flamboyant (semblable à celles de la Collégiale). Elle apportait jour et lumière à la chapelle qui se trouvait dans l’axe de la grande salle des malades.(UO Dole, paléo-méd.J.Theurot, à propos du texte « Inventaire du St-Esprit de Dole – 4 mai 1342 »)

    • Guillemette Soum-Boyer

      Les précisions que tu apportes Michelle, à propos de la rosace de pierre et de l’hospice du St Esprit, sont vraiment très intéressantes (la source – J.Theurot – est d’importance !) et ne peuvent qu’enrichir le bel article de Geneviève.

  2. Merci Michèle pour votre commentaire. Suite à celui-ci, nous avons poussé la curiosité pour situer dans le parcours décrit par Geneviève, l’hôpital du Saint-Esprit à Dole. Il est décrit précisément sur ce site : https://monumentum.fr/hopital-saint-esprit-pa00102089.html

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